L'histoire de l'Espagne arabe

 En 619, alors que Saint Isidore accédait peut-être à l'un des plus grands moments de bonheur de sa vie en présidant le IIe concile Concile de Séville, un autre homme qu'il ne connaissait pas, vivait les instants les plus amers de son existence. Muhammad, prophète des Arabes, avait échoué dans toutes ses tentatives de convertir ses concitoyens ou de répandre son message parmi les étrangers: expulsé de la ville de Taif, à peine savait-il ce qu'il allait advenir de sa maigre et pauvre troupe de prosélytes. Douze ans plus tard, tout avait changé. Muhammad avait réussi à s'emparer du pouvoir par la force, à unifier la péninsule Arabique. Il avait envoyé des ambassadeurs aux pays voisins, Byzance, Perse, Abyssinie pour annoncer au monde la Révélation. Il est possible que ses nouvelles soient venues aux oreilles de Saint Isidore par le truchement des colonies byzantines du sud de l'Espagne; mais pouvait-il soupçonner que ses cendres seraient exilés de Séville à Leon à la suite de la conquête de la péninsule par les sectateurs de la foi nouvelle ?

 En 711, les Maures musulmans d’Afrique du Nord franchissent le détroit de Gibraltar. Roderick, dernier roi wisigoth d’Espagne, est vaincu près de Cadix. Pratiquement toute la péninsule est dès lors rapidement soumise à la domination des conquérants, à l’exception des régions montagneuses du Nord (monts Cantabriques, Pyrénées occidentales). Stoppés dans leur progression vers le nord par Charles Martel, à Poitiers, en 732, les Maures se replient au sud des Pyrénées. Les populations rurales se convertissent à l’islam. Dans les villes, des « capitulations » garantissent le plus souvent aux chrétiens, les Mozarabes, la liberté religieuse. L’Espagne musulmane devient une dépendance lointaine du califat*  de Damas.  En 756, le prince de la dynastie  omeyade* Abd al-Rahman 1er est détrôné par les Abbassides, il se réfugie alors en Espagne. Il en fait un émirat indépendant et s’établit à Cordoue (Cordoba en espagnol, et Kurtoba en arabe). En 929, un de ses descendants, Abd al-Rahman III, prend le titre de calife.

C'est pendant le califat d'al-Mansur, de 754 à 775, que furent prises les premières initiatives en faveur de la science.

L’Espagne musulmane connaît alors son apogée sous le califat de Cordoue, qui va durer jusqu’en 1031.



Document n°1 (voir partie source)


Cette carte montre bien l'agrandissement du territoire musulman durant un siècle (de la moitié du IXe siècle à celle du Xe siècle). Elle révèle également le phénomène de cohabitation des différentes religions (Juif, Arabe, Chrétienne...), facteur qui a eu un aspect très favorable au développement des sciences surtout pendant le califat de  Cordoue. Les impacts de la présence des musulmans en Espagne sont donc très importants pour la science et nombreux.

 

La fin de  l'Espagne musulmane

Au XIe siècle, l’Espagne musulmane se fragmente en une vingtaine de royaumes maures indépendants, les « royaumes de taifas ». Les plus importants sont  les royaumes de Saragosse, d’Almería, de Valence et de Séville. Au XIIIème siècle, après l'appel du pape Alexandre II à aller combattre contre les musulmans en Andalousie, les croisés rentrent du Proche Orient. Ils combattent désormais en Espagne, le royaume d'Al-Andalous s'amenuise de siècle en siècle. Après la défaite de Las Navas de Tolosa en 1212, les Espagnols catholiques parviennent à reprendre Cordoue en 1236, Jaén en en 1246, Séville en 1248 et Cadix en 1250. Grenade est le dernier bastion d'Al-Andalus, il tombera en 1492.

 

 * Lexique:

prosélytes: dans ce contexte, il s'agit d'une personne avec une opinion nouvelle.

Califa: Un califa est le territoire reconnaissant l'autorité d'un calife.

Omeyade: dynastie de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site